LES TROIS LIVRES QUI ONT CHANGÉ MA VIE

Aujourd’hui mon article est un peu différent de ceux que j’ai publiés jusqu’à présent. Je participe à un challenge interblogueurs proposé par Olivier Roland du blog https://des-livres-pour-changer-de-vie.com/ . Olivier Roland y présente « une sélection de livres rares et exigeants pour changer de vie ». Parmi tous ses articles, j’ai une petite préférence pour https://des-livres-pour-changer-de-vie.com/les-7-habitudes-de-ceux-qui-realisent-tout-ce-quils-entreprennent/  .  De quoi nous remonter le moral lorsque nous sentons notre motivation s’émousser ! J’adore les défis et l’idée de partager mes lectures favorites m’a enthousiasmée. Le plus difficile a été le choix. Lire, c’est ma passion depuis que je suis toute petite ! Autant dire qu’il n’était pas simple de choisir parmi tous les ouvrages qui m’ont consolée, poussée à agir, fait réfléchir. Un véritable déchirement !  Je me suis finalement arrêtée sur ces trois-là :  

LE PETIT PRINCE d’Antoine de Saint Exupéry

Illustré par l’auteur lui-même, il allie le rêve et la réflexionVoilà pourquoi il continue à m’inspirer : 

  1. Le Petit Prince est très courageux. Il n’hésite pas à quitter sa planète « à peine plus grande qu’une maison » pour partir à la découverte d’autres mondes. Il m’a souvent incitée à sortir de ma zone de confort. Si j’ai osé me lancer dans l’écriture, par exemple, sans me dire « c’est trop tard, je n’ai plus l’âge… », c’est certainement grâce à lui.
  2. Le Petit Prince a la candeur de l’enfance. Il pose donc aux créatures qu’il rencontre des questions étranges. Il nous oblige tous à faire un pas de côté, à sortir de nos certitudes, à prendre des chemins de traverse. Après avoir dessiné un mouton au Petit Prince, le narrateur lui propose une corde pour l’attacher afin qu’il ne se perde pas. « Mais où veux-tu qu’il aille ! » dit le Petit Prince. « N’importe où. Droit devant lui. », répond le narrateur. Et le Petit Prince ajoute : « Droit devant soi, on ne peut pas aller bien loin… ». J’y ai pensé chaque fois que je me surprenais à vouloir être aux normes : une prof comme les autres, une mère comme les autres, une femme comme les autres … Je n’ai pas toujours eu le courage de quitter les autoroutes, de respecter ma vraie nature mais quand j’ai réussi à le faire, j’ai vraiment eu l’impression que ce Petit Prince me faisait un clin d’œil !
  3. Le Petit Prince est ouvert aux leçons que lui offrent les créatures qu’il rencontre. Celle du Renard reste à jamais gravée dans nos mémoires : « On ne voit bien qu’avec le cœur » …  Conseil particulièrement judicieux lorsqu’on se donne toutes les bonnes raisons de n’écouter que son mental. Or écouter les gens qui nous aiment, suivre son intuition, et surtout prendre le temps de l’apprivoisement pour découvrir les choses et les gens, là est  l’essentiel, non ? 
  4. Le Petit Prince est idéaliste. Il ne se compromet pas. Il nous relie à jamais au monde de l’enfance et nous pousse à prendre nos rêves en considération. Il cultive l’éphémère, la fragilité de sa rose. Parce que c’est le temps qu’il a perdu pour elle qui la lui a rendue si importante, ce que ne manque pas de lui rappeler le Renard. 

J’ai lu et relu ce livre régulièrement, surtout à l’âge adulte où j’ai eu parfois tendance à manquer d’audace. Son caractère métaphorique et ses illustrations merveilleuses, me ramènent au monde de l’imaginaire. Je n’ai encore rien trouvé de plus poétique pour émerveiller ma vie. 

DISCOURS DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE d’Etienne de La Boétie

Ce court essai publié par La Boétie – le grand ami de Montaigne- en 1576 est époustouflant de modernité. Très bref, écrit par son auteur à moins de 18 ans, il pose la question du pouvoir absolu. Comment un homme, aidé par ses complices peut-il asservir tout un peuple? À l’origine de la réflexion de La Boétie : une révolte anti-fiscale dans la province de Guyenne réprimée avec violence par le pouvoir royal. Il s’en indigne et  remet en cause dans son traité la légitimité des gouvernants. Plus largement, il nous interroge sur le concept d’obéissance en analysant les raisons qui nous poussent à nous soumettre à une autorité. La Boétie énonce le paradoxe suivant : alors que tout le monde pense que la servitude est forcée, « c’est le peuple qui s’asservit et qui se coupe la gorge ». En effet, même si le pouvoir s’impose par la force, il ne peut se maintenir qu’avec la complicité active ou passive d’une grande partie de la société. Les courtisans flattent leur maître et le poussent à plus d’autorité, en espérant y trouver des avantages; les sujets eux-mêmes acceptent la situation par paresse et manque de courage. La soumission s’insinue insidieusement par de petites compromissions qui deviennent progressivement de grands compromis.  L’auteur étaye ses propos par de nombreux exemples historiques très vivants empruntés à l’antiquité et à sa propre époque. Des pépites quand on aime l’histoire comme moi !

« Soyez résolus à ne plus servir et vous voilà libres » affirme La Boétie. Je m’en suis souvenue dans ma vie professionnelle, familiale, sentimentale. Quand un contrat malsain s’instaure, on a toujours intérêt à être courageux. Lâcher un emploi qui ne nous convient plus, une histoire d’amour dans laquelle on ne se reconnaît plus, des relations abusives. La Boétie m’a parfois donné ce courage-là. 

LA PESTE d’Albert Camus

couverture de La Peste de Camus édition Folio

Publié en 1947, juste après la seconde guerre mondiale, il est mon préféré, ma bible. L’ouvrage dans lequel j’ai puisé le plus de réponses. Quelle est cette Peste qui se déclare soudainement à Oran ? Dès la première ligne du premier chapitre, le docteur Rieux découvre un rat mort au milieu du palier.  Puis un autre rat, puis trois, puis des centaines de cadavres de rats. C’est la Peste. On ferme la ville. La cité recluse va connaître la peur, l’enfermement, la révolte devant les morts innocentes. L’impossible communication avec l’extérieur fait partie du nouveau quotidien. 

Comment réagir face à ce fléau ? Certains vont se livrer à une fête effrénée, en tentant de s’étourdir dans les plaisirs faciles. D’autres vont essayer de trouver une explication. C’est le cas du prêtre Paneloux, qui accuse ses concitoyens d’avoir appelé par leur comportement le châtiment de Dieu. Mais peut-on expliquer ainsi la mort d’un enfant ? D’autres, comme Tarrou et Rieux, le personnage principal, vont se retrousser les manches. En cas de malheur la réflexion ne suffit pas. Il faut agir. Ce que j’aime dans ce roman, c’est la multitude de débats contradictoires. Qui a raison, qui a tort ? Nous avons tous dans des situations difficiles montré tour à tour notre égoïsme et notre souci de la cause commune, notre lâcheté ou notre courage. Ce sont les efforts conjugués des hommes de bonne volonté qui viendront à bout de la peste. Leur coopération sans faille. À la toute fin du roman, quand la maladie est vaincue, Rieux décide d’écrire un récit pour « dire simplement ce qu’on apprend au milieu des fléaux, qu’il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser ». Je me reconnais dans cette foi dans l’humanité. Et puis, j’adore les symboles et la forme allégorique de l’œuvre me convient parfaitement. La Peste peut représenter le fascisme mais plus largement aussi les démons contre lesquels nous luttons, notre interrogation perpétuelle sur les combats, extérieurs ou intérieurs que nous sommes capables de mener. 

Pour cet article, j’ai puisé dans la littérature, la vraie, celle qu’on a tendance à oublier et qui pourtant, constitue une véritable thérapie. La bibliothérapie.  Un peu ardues au départ, les œuvres du patrimoine sont un merveilleux moyen de revenir à soi. Elles nous interrogent, nous dérangent, nous interpellent, et nous offrent des solutions. Nos solutions. Ça vaut vraiment la peine d’essayer !

Et toi, quels sont les livres qui ont marqué ta vie ? 

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Comments

Laurence
26 juillet 2019 at 9 h 47 min

Merci pour ce très bel article. Je t’écouterais parler littérature pendant des heures.



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